Tu es coach.
Tu aimes les structures claires.
Tu as appris des modèles solides, comme GROW, SMART, OSCAR, CLEAR…
Et avec la majorité de tes client·es, ça fonctionne très bien.
Mais un jour, tu tombes sur une personne qui n’entre pas dans le moule :
- Elle n’a pas d’objectif clair
- Elle ne sait pas ce qu’elle veut atteindre
- Elle parle beaucoup… ou pas assez
- Elle semble « ailleurs », difficile à suivre
- Elle revient sur ses pas d’une séance à l’autre
Et tu te demandes :
– Est-ce moi qui gère mal la séance ?
– Est-ce que le·la client·e est en résistance ?
– Est-ce qu’il ou elle est prêt·e pour du coaching ?
Et si ce n’était… rien de tout ça ?
Et si, tout simplement, la structure classique ne convenait pas à son fonctionnement neurodivergent ?
Quand le modèle devient rigide, il devient un mur
Les modèles comme GROW ou SMART sont utiles.
Mais ils sont souvent :
- linéaires
- orientés vers l’action visible
- ancrés dans la planification logique
Or, certaines personnes neurodivergentes (TDAH, TSA, dys, HPI…) :
🔄 ont une pensée en arborescence
🧠 ont des objectifs internes, plus profonds ou abstraits
⏳ ont besoin de plus de temps pour formuler, ressentir, décider
🎭 peuvent se sentir invalidées par un modèle trop directif
Résultat :
– Elles se sentent inadaptées
– Toi, tu te sens inefficace
– Et la magie du coaching… n’opère pas
Alors, on fait quoi ?
Non, on ne jette pas nos outils.
On apprend à assouplir la structure, à l’adapter, à la co-construire.
Voici quelques pistes :
1. Accepter les allers-retours
Tu n’as pas à « ramener au focus » à tout prix.
Ce qui semble digressif peut être profondément révélateur.
Retiens-toi de cadrer trop tôt. Laisse émerger.
💬 Exemple :
« Je te sens en train d’explorer plusieurs couches à la fois. Tu veux qu’on continue comme ça, ou qu’on en choisisse une pour aujourd’hui ? »
2. Redéfinir ce qu’est un “objectif”
Parfois, le plus grand objectif… c’est de se sentir moins seul·e, de nommer une réalité floue, ou de trouver une forme de paix intérieure.
Tu peux poser des questions comme :
- « Qu’est-ce que tu espères vivre ici, même si tu ne peux pas le nommer encore ? »
- « Comment sauras-tu que cette séance t’a été utile ? »
3. Créer un espace de navigation, pas de performance
Le coaching neuro inclusif, c’est souvent non linéaire.
Tu accompagnes quelqu’un qui t’amène ailleurs.
Et parfois, ce “ailleurs” est exactement là où ça devait aller.
Pense “boussole”, pas “GPS”.
4. S’autoriser à créer son propre modèle
Tu peux mélanger des approches.
Travailler en spirale.
Faire des cartes mentales.
Utiliser des métaphores ou des images.
Changer de format en cours de route.
Ce n’est pas du désordre. C’est de l’adaptation intelligente.
En résumé
Le coaching est un art, pas une procédure.
Et quand on accompagne une personne neurodivergente, notre plus bel outil n’est pas notre cadre…
C’est notre capacité à l’assouplir.
Plus qu’un plan, on offre un espace.
Un lieu de sécurité.
Un moment hors norme.
Un accompagnement qui ne juge pas la forme… tant que le fond est respecté.
Et c’est là que tout devient possible.
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