Tu connais ce genre de séance…
Ton·ta client·e te regarde sans parler.
Ou répond, mais “à côté”.
Ou change d’objectif à chaque rencontre.
Ou semble figé·e, fuyant·e, dérangé·e par un détail que toi, tu ne vois même pas.
Et là, tu te demandes :
“Est-ce que je fais mal mon travail ? Est-ce de la résistance ? De la confusion ? De la fatigue ?”
Et si… c’était tout simplement de la neurodivergence ?
Non nommée. Non identifiée. Mais bien présente.
Pourquoi ces signes sont souvent invisibles ?
Aujourd’hui, de plus en plus de personnes reçoivent un diagnostic tardif de TDAH, d’autisme, de dyspraxie, ou découvrent qu’elles ont un fonctionnement cognitif hors norme.
Mais beaucoup ne le savent pas encore.
Et même quand elles le savent, elles ne le nomment pas toujours à leur coach.
1. Parce qu’elles l’ignorent
Certain·es ont toujours cru qu’ils·elles étaient “paresseux·ses”, “désorganisé·es”, “hypersensibles”, “trop intenses”.
Ils ont internalisé le décalage sans le comprendre.
Tu es peut-être la première personne à leur offrir un espace où cette différence peut s’exprimer.
2. Parce qu’elles se camouflent
Le masquage est une stratégie inconsciente pour “avoir l’air normal”.
Mais ça coûte cher en énergie. Et ça crée de la distance dans la relation de coaching.
3. Ce n’est pas ton rôle de diagnostiquer
En coaching, on n’étiquette pas.
Mais on peut ajuster notre posture, quand on comprend mieux ce qui se passe en silence.
7 signes à reconnaître en séance
Voici des signaux qui peuvent t’indiquer qu’un·e client·e a un fonctionnement cognitif différent.
À observer avec bienveillance, sans tirer de conclusion, mais pour t’adapter plus finement.
1. Réponses lentes, floues ou décalées
Certain·es ND ont besoin de plus de temps de traitement.
Ce n’est pas de la confusion : c’est un temps d’intégration.
🗨️ Astuce : Laisse plus de silence. Demande si la question est claire. Reformule sans presser.
2. Objectifs flous ou changeants
Difficulté à prioriser, à verbaliser ce qui est vraiment important.
Ce n’est pas un manque de volonté. C’est souvent une surcharge cognitive.
🗨️ Astuce : Utilise des visuels, des listes, des repères. Propose de revenir sur les objectifs régulièrement.
3. Surcharge sensorielle
Lumière vive, arrière-plan trop chargé, voix monotone ou trop rapide… peuvent créer un inconfort.
Certain·es n’arrivent pas à se concentrer à cause de l’environnement.
🗨️ Astuce : Demande si le cadre leur convient. Propose de couper la caméra, de changer de rythme, de mettre un fond neutre.
4. Difficulté à nommer un ressenti
Le langage émotionnel peut être moins accessible. Ça ne veut pas dire qu’il n’y a pas d’émotion… juste qu’elle est traitée autrement.
🗨️ Astuce : Invite à décrire une image, une sensation, un mouvement corporel.
5. Retrait soudain, désengagement ou “fuite”
Un trop-plein sensoriel ou émotionnel peut amener une fermeture brutale. Ce n’est pas un rejet du coaching : c’est une tentative de régulation.
🗨️ Astuce : Normalise les pauses. Laisse la porte ouverte. Ne prends pas ça personnel.
6. Pensée en arborescence
Ça part dans tous les sens. Les réponses semblent décousues, les associations multiples.
Mais il y a souvent une logique profonde, juste différente.
🗨️ Astuce : Note les fils qui émergent. Aide à faire du lien sans couper l’élan.
7. Besoin de bouger ou de manipuler
Certains ont besoin de bouger, de gribouiller, de tenir un objet… pour rester présents. Ce n’est pas un manque d’intérêt.
🗨️ Astuce : Encourage l’autorégulation naturelle (sans jugement).
Comment t’ajuster sans heurter
Tu n’as pas besoin de changer ta méthode en entier. Mais tu peux :
Ralentir
Laisse le silence. Ralentis le débit.
C’est dans les interstices que le coaching devient transformationnel.
Valider sans sur-analyser
Un simple : “Tu veux qu’on ralentisse ?” ou “Tu préfères qu’on y revienne plus tard ?” peut tout changer.
Créer un cadre souple
Un coaching structuré mais humain, où la différence a sa place sans être pointée du doigt.
En conclusion
La neurodivergence ne crie pas. Elle chuchote.
Et toi, en tant que coach, tu peux être celui ou celle qui sait écouter ces silences.
Tu peux devenir un point d’ancrage, un espace sécure, même pour les client·es qui ne savent pas encore poser de mots sur leur fonctionnement.
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Ta présence peut devenir un levier de transformation.
Il suffit parfois d’un regard plus doux… et d’une écoute plus fine.



