Quand j’ai commencé à creuser l’autisme à haut camouflage, je me suis demandé si ça pouvait expliquer tant de choses avec lesquelles j’avais eu du mal dans ma vie. Et franchement, je pense que oui. Ça a été une révélation profondément validante.
Aujourd’hui, je te partage des traits autistiques souvent méconnus chez les femmes — ce qu’on appelle parfois le phénotype féminin de l’autisme. À noter : n’importe qui peut avoir cette présentation, mais elle est beaucoup plus fréquente chez les filles et les femmes, parce qu’on attend d’elles qu’elles se comportent d’une certaine façon.
Pourquoi tant de femmes passent inaperçues
Les critères du DSM ont été établis à partir d’un échantillon très restreint : des hommes blancs d’un certain milieu. Résultat : une fille ou une femme qui ne présente pas les signes « typiques » (et qui n’a pas de déficience intellectuelle, et qui exprime son autisme plus discrètement) a beaucoup moins de chances d’être diagnostiquée. Elle peut totalement passer inaperçue — comme ça a été le cas pour moi.
Les 8 traits
1. Être perçue comme exigeante ou « difficile ». Une diva, ultrasensible. Si tu as beaucoup camouflé, tu ne perçois peut-être même plus tes propres sensibilités : odeurs, nourriture, textures, vêtements, éclairage, bruit. Tu as besoin d’un certain cadre pour te soutenir.
2. Le stimming. Jouer avec une couverture de satin, enrouler une mèche, répéter des phrases, regarder les mêmes séries en boucle, presser un crayon. Interne ou externe, ça apaise le système nerveux — autant source de plaisir que mécanisme d’autorégulation en période de stress.
3. L’hypersensibilité sensorielle. Lumières trop fortes, sons envahissants, odeurs insupportables, textures irritantes. Ton quotidien est sûrement plein de micro-adaptations pour éviter ces inconforts.
4. Le mutisme sélectif. Te sentir bloquée dans des situations sociales : tu veux parler, mais tu n’es pas capable. Ce n’est pas volontaire, ce n’est pas punitif — c’est un véritable blocage neurologique, souvent lié au stress ou à un conflit.
5. L’anxiété chronique. Sociale, relationnelle, ou sans raison apparente, omniprésente. Parfois, cette urgence mentale de toujours passer à l’étape suivante, sans pouvoir profiter du moment présent.
6. La rigidité des routines. Des rituels précis, une certaine façon de faire les choses, une difficulté avec les imprévus. L’ordre compte. Et il n’y a pas de jugement : c’est juste de prendre conscience que cette séquence t’aide à te mettre en action.
7. Le fort sens de la justice. Une vision parfois binaire (bien/mal, juste/injuste), de la difficulté à comprendre pourquoi les autres ne suivent pas les règles ou tolèrent des comportements qui te paraissent révoltants.
8. L’hypersensibilité aux médicaments et à l’environnement. Un métabolisme souvent plus sensible : réactivité inhabituelle aux médicaments, sensibilité aux changements d’environnement, troubles auto-immunitaires fréquents. Notre corps au complet — pas juste notre cerveau — fonctionne différemment.
Un mot sur l’autisme et les traumatismes
Les personnes autistes sont plus exposées aux traumatismes, à cause de l’hypersensibilité et des difficultés d’adaptation dans un monde conçu pour la majorité. Ce n’est souvent pas un événement unique, mais l’accumulation de microagressions — surstimulation sensorielle répétée, exclusion, rejet, intimidation — qui peut, chez certaines personnes, se transformer en trauma. Je ne suis pas la bonne personne pour accompagner ce volet, mais je peux te diriger vers des ressources : écris-moi.
En conclusion
Si tu te reconnais, je t’invite à creuser. L’objectif n’est pas forcément d’obtenir un diagnostic, mais de mieux te comprendre et d’adapter ton environnement pour éviter l’épuisement. Tu n’as pas à te forcer à rester dans des situations qui ne te conviennent pas.
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Apprendre à mieux me comprendre, ça a été un voyage incroyable quand j'ai commencé à creuser en profondeur l'autisme à haut camouflage. Je me suis demandé si ça pouvait expliquer tant de choses avec lesquelles j'avais eu du mal dans ma vie, et franchement, je pense que oui. Ça a été comme une révélation vraiment validante. C'est pour ça qu'aujourd'hui, j'ai envie de partager certains concepts autour des traits autistiques souvent méconnus chez les femmes.
Je fais une précision : je parle de ce qu'on appelle traditionnellement le profil féminin, ou phénotype féminin, de l'autisme. En réalité, n'importe qui peut avoir ce type de présentation, mais il est beaucoup plus fréquent chez les filles et les femmes, parce qu'on attend d'elles qu'elles se comportent d'une certaine façon. Résultat : celles qui ne correspondent pas à la version dite « masculine » des critères du DSM passent souvent en dessous du radar. Parce que les critères du DSM sont établis à partir d'un échantillon très restreint : des hommes blancs d'un certain milieu social. Donc si une femme ne présente pas les signes typiques — comme un manque d'empathie (ce qui est faux, en passant), un évitement du contact visuel ou un déficit du langage — elle a moins de chances d'être diagnostiquée. Et si en plus elle n'a pas de déficience intellectuelle et exprime son autisme de manière discrète, elle peut totalement passer inaperçue, comme ça a été le cas pour moi.
Numéro 1 : ça se peut que tu sois perçue comme exigeante et difficile, comme une diva, ultrasensible. Si tu as beaucoup camouflé, tu ne t'en rends peut-être même plus compte. Ça peut concerner des sensibilités à l'environnement, aux odeurs, à la nourriture, aux textures, aux vêtements, à l'éclairage, au bruit. Tout peut devenir une source d'inconfort, ce qui fait que tu as besoin d'un certain cadre pour te soutenir. Numéro 2, le stimming : jouer avec une couverture de satin, s'enrouler une mèche, répéter des phrases ou des paroles de chansons, regarder les mêmes séries en boucle, jouer avec un bouchon de stylo. Moi, je prends parfois un crayon juste pour le tenir et le presser, ça me permet de rester dans le moment présent. Le stimming peut être interne ou externe; il apaise le système nerveux et peut être une source de plaisir autant qu'un mécanisme d'autorégulation en période de stress.
Numéro 3, l'hypersensibilité sensorielle : lumières trop fortes, sons envahissants, odeurs insupportables, textures de vêtements irritantes. Ton quotidien est sûrement plein de micro-adaptations. Moi, après une rencontre Zoom, je ferme les lumières de mon bureau, j'ai un éclairage tamisé pour récupérer des stimuli visuels. Numéro 4, le mutisme sélectif : il t'arrive de te sentir bloquée dans des situations sociales, tu veux parler mais tu n'es pas capable. L'entourage peut interpréter ça comme un silence punitif, mais ce n'est pas volontaire : c'est un véritable blocage neurologique, lié à un stress ou à un conflit. Cinq, l'anxiété chronique : l'autisme et l'anxiété vont souvent de pair — anxiété sociale, relationnelle, ou sans raison apparente, omniprésente. Certaines ressentent toujours le besoin de passer à l'étape suivante, sans pouvoir profiter du moment présent.
Sixième trait, la rigidité des routines : tu as sans doute des rituels précis, une certaine façon de faire les choses, et du mal à gérer les imprévus. L'ordre dans lequel tu fais les choses est important. Pense à ta routine du matin. Il n'y a pas de jugement, c'est juste de prendre conscience que cette séquence t'aide à te mettre en action. Numéro 7, le fort sens de la justice : beaucoup de personnes autistes ont une vision parfois binaire — bien, mal, juste, injuste. Le cerveau est souvent binaire, et on peut avoir de la misère à comprendre pourquoi les autres ne suivent pas les règles ou tolèrent des comportements révoltants. Huitième, l'hypersensibilité aux médicaments et à l'environnement : les personnes autistes ont souvent un métabolisme plus sensible, donc une réactivité inhabituelle aux médicaments, une sensibilité accrue aux changements d'environnement, des troubles auto-immunitaires fréquents. Notre corps au complet, pas juste notre cerveau, fonctionne différemment.
Je voulais aussi faire un aparté important sur l'autisme et les traumatismes. Les personnes autistes sont beaucoup plus exposées aux traumatismes, à cause de leur hypersensibilité et de leur difficulté d'adaptation dans un monde conçu pour la majorité. Parmi les expériences courantes : le sentiment d'être piégé, de manquer d'autonomie, d'être soumis à des restrictions. La surstimulation sensorielle jour après jour, ce sont des microagressions qui s'accumulent; ce n'est pas une fois qui fait le trauma, mais parfois l'accumulation. L'exclusion sociale, le harcèlement, le rejet, l'intimidation sont aussi des sources potentielles. Ce n'est pas mon rôle d'accompagner à ce niveau-là, mais je sais qu'il y a des techniques pour diluer l'impact du traumatisme. Si tu cherches du soutien, écris-moi, je pourrai te diriger vers des personnes ouvertes à accompagner des personnes autistes.
En conclusion, si tu te reconnais dans ces descriptions, je t'invite à creuser le sujet. L'objectif n'est pas forcément d'obtenir un diagnostic, mais de mieux te comprendre et d'adapter ton environnement pour éviter l'épuisement. Tu n'as pas besoin de te forcer dans des situations qui ne te conviennent pas. C'est important de respecter tes besoins et d'identifier ce qui te permet de fonctionner au meilleur de toi-même. Si tu aimerais aller plus loin, j'ai un forfait qui te permet de dépister si tu as plusieurs traits autistiques; ensemble, on regarde ça.
Te reconnais-tu ? Allons voir ensemble
Si tu te reconnais dans plusieurs de ces traits et que tu veux y voir plus clair — sans nécessairement viser un diagnostic formel — le Dépistage Express est fait pour ça. Ensemble, on regarde si tu présentes plusieurs traits autistiques, à l’aide d’outils adaptés à la réalité féminine.
Avant même la question du diagnostic, il y a celle du coût.
Que tu sois diagnostiquée ou en questionnement, le camouflage te coûte quelque chose. Le quiz te dit combien, et ce que ton corps essaie de te dire.



