On a longtemps parlé de l’autisme et du TDAH comme si c’était “juste dans la tête”.
Comme si tout se jouait uniquement dans les pensées, l’attention, l’organisation, l’anxiété, les émotions.
Mais le vécu des femmes AuDAH raconte autre chose.
Dans un sondage mené en 2025 auprès de 400 femmes AuDAH, plusieurs rapportent des conditions physiques co-présentes qui teintent leur quotidien : fatigue chronique et burnout, enjeux digestifs, douleurs chroniques, troubles du sommeil, déséquilibres hormonaux, hypermobilité/EDS, variations liées à l’immunité et à la régulation sensorielle et du système nerveux.
Et si je t’en parle aujourd’hui, ce n’est pas pour ajouter des inquiétudes.
C’est pour enlever un poids.
Parce que quand ton corps est fatigué, douloureux, insomniaque ou en dérégulation… ce n’est pas juste “une mauvaise journée”.
C’est un contexte. Et ce contexte change tout.
Le point de départ : ce n’est pas “toi qui es trop”
Si tu es AuDAH, tu as probablement déjà vécu l’un (ou plusieurs) de ces scénarios :
- Tu dors, mais tu te réveilles épuisée.
- Ton ventre décide pour toi : inconfort, ballonnements, réactions imprévisibles.
- Tu as mal “sans raison évidente”, ou ton corps est en tension constante.
- Tu alternes entre hyperproductivité et effondrement.
- Tes symptômes varient avec ton cycle, la péri-ménopause, la ménopause ou des périodes hormonales plus instables.
- Tu te dis : « Pourquoi je suis capable un jour… et incapable le lendemain? »
Le monde te répond souvent par des injonctions : mieux t’organiser, être plus disciplinée, mieux gérer ton stress.
Mais ça, c’est une lecture incomplète.
Parce que ton fonctionnement neurodivergent se vit dans un corps.
Et ton corps a ses rythmes, ses seuils, ses signaux.
Ce que le sondage met en lumière : des co-présences fréquentes
Dans le sondage, on retrouve plusieurs catégories qui ressortent fortement chez les participantes :
- Fatigue chronique & burnout
- Enjeux digestifs
- Hypermobilité / EDS et spectre
- Immune/auto-immune + régulation sensorielle et du système nerveux
- Douleur chronique
- Déséquilibres hormonaux
- Sommeil perturbé / insomnie
Ce que j’observe (et que beaucoup de femmes me décrivent), c’est que ces réalités-là ne sont pas “à côté” du AuDAH. Elles interagissent avec lui.
Quand ton sommeil est fragile, ton focus et ta tolérance sensorielle chutent.
Quand ton système nerveux est en alerte, ton énergie devient imprévisible.
Quand ton corps est en douleur, la planification et l’initiation se compliquent.
Quand tes hormones fluctuent, ton seuil émotionnel et ton attention peuvent changer.
Ce n’est pas un manque de volonté.
C’est un système qui compose avec plusieurs paramètres à la fois.
L’erreur la plus fréquente : vouloir “corriger” le cerveau sans soutenir le corps
Beaucoup de femmes AuDAH ont reçu (ou se sont imposé) un message :
« Si je trouvais LA bonne méthode, je fonctionnerais enfin. »
Alors elles testent :
- des routines trop strictes
- des plans d’organisation conçus pour un cerveau neurotypique
- des stratégies qui demandent… justement l’énergie et la stabilité auxquelles elles n’ont pas accès de façon fiable.
Et le résultat, souvent, c’est la culpabilité :
« Ça marche pour les autres. Pourquoi pas moi? »
Et si ton corps te donne des signaux de surcharge, ton cerveau ne peut pas “compenser” éternellement.
Surtout pas si tu as passé des années à te sur adapter (masking, hyper performance, hypervigilance).
Une lecture plus juste : “Mon corps influence mon fonctionnement”
Je te propose un pivot simple :
Au lieu de te demander : “Qu’est-ce qui ne marche pas chez moi?”
Essaie : “Qu’est-ce que mon système essaie de me dire?”
Quelques pistes d’exploration (sans chercher à te diagnostiquer) :
- Sommeil : est-ce que je récupère vraiment ou je “tiens”?
- Énergie : est-ce que je suis en dette énergétique depuis longtemps?
- Sensoriel : est-ce que je subis du bruit, de la lumière, des interactions, des interruptions?
- Douleur/tension : est-ce que mon corps est en mode contraction?
- Hormones : est-ce que je suis dans une période où mon seuil baisse?
- Digestion : est-ce que mon ventre est un indicateur de stress/surcharge?
- Sécurité : est-ce que je me sens pressée, jugée, en mode urgence?
Le but n’est pas d’analyser tout, tout le temps.
Le but, c’est de reprendre du pouvoir sur ta lecture intérieure.
Ce que ça change concrètement : arrêter de se forcer contre soi
Quand tu reconnais que ton corps fait partie de l’équation, tu peux créer des ajustements plus réalistes.
Pas des “solutions miracles”.
Des micro-décisions soutenantes, comme :
- réduire les sources de surcharge sensorielles quand c’est possible
- intégrer des pauses de régulation (courtes, mais régulières)
- ajuster tes attentes en période de fatigue/hormonale plus intense
- simplifier tes systèmes (au lieu de les complexifier)
- demander du soutien (body doubling, délégation, accompagnement)
- et surtout : arrêter de traiter la fatigue comme un défaut moral
Un mot important : ce n’est pas un contenu médical
Je ne suis pas en train de te dire quoi diagnostiquer ou comment te traiter.
Mais je suis en train de valider une réalité : chez beaucoup de femmes AuDAH, le corps pèse lourd dans le quotidien, et le reconnaître peut enlever énormément de honte.
Si tu as des inquiétudes de santé, c’est toujours pertinent d’en parler avec un professionnel qualifié.
Ici, ce que je t’offre, c’est une compréhension plus douce et plus complète.
Et si tu n’avais plus à porter ça seule?
C’est exactement pour ça que j’ai créé Les AuDAHcieuses.
Un espace neuro-inclusif où on relie :
- fonctionnement AuDAH
- système nerveux et régulation
- hormones et cycles de vie
- énergie, limites, rythme, réalité du corps
Sans jugement. Sans surperformance. Sans “t’as juste à…”.
Pour te permettre de te choisir, d’intégrer et de naviguer plus sereinement dans ta vie.
Tu veux un accompagnement qui tient compte de ton corps et de ton fonctionnement AuDHD?
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