Pendant longtemps, je me suis crue paresseuse. Du moins, c’est ce que je me répétais chaque fois que je n’arrivais pas à fonctionner « normalement ». Quand je mettais plusieurs jours à répondre à un courriel. Quand je repoussais une tâche que je savais urgente, mais devant laquelle j’étais paralysée. Quand je n’arrivais pas à me lever, même après une bonne nuit de sommeil.
La vérité, ce n’est pas que j’étais paresseuse. C’est que j’étais fatiguée de devoir toujours m’adapter. Fatiguée de performer une version acceptable de moi-même. Fatiguée de surveiller mes mots, mes gestes, mes silences, et de filtrer ma lumière, mes besoins et mes réactions.
Un mot qui pèse lourd
« Paresse », c’est un mot qui pèse lourd quand on est neurodivergente. Parfois on nous le lance à voix haute, mais le plus souvent, c’est subtil : le soupir d’un proche, le regard d’un collègue, ou la pression silencieuse dans notre propre tête. On devient souvent notre pire ennemie.
Ce qu’on appelle un manque de motivation, chez les personnes neurodivergentes, c’est souvent une surcharge cognitive, une fatigue sensorielle — le signe d’un système nerveux à bout de souffle, qui a tellement essayé de s’adapter qu’il n’arrive plus à suivre.
L’inertie : entre l’intention et l’action
Ce n’est pas qu’on ne veut rien faire. C’est que le chemin entre l’intention et l’action est parsemé d’obstacles parfois invisibles. Trop d’étapes, trop de variables, trop de bruit — intérieur comme extérieur. Tu sais qu’il faut sortir la brassée de linge de la laveuse, et pourtant tu restes sur le sofa. Ce n’est pas que tu n’es pas intelligente, ni que tu ne comprends pas. C’est qu’entre l’intention et l’action, quelque chose bloque.
Certaines personnes appellent ça l’inertie neurodivergente. Moi, j’aime la voir comme une forme de sagesse adaptative : ton corps qui dit « là, je ne peux plus, je suis en surcharge ».
Changer de lunettes
Le jour où j’ai compris ça, j’ai arrêté de me battre contre moi-même. Au lieu de me juger selon une grille qui n’a jamais été faite pour moi, j’ai commencé à m’écouter. À respecter mon « non » énergétique. À me donner de l’espace, de la bienveillance — comme je le ferais pour ma meilleure amie.
Et c’est là que j’ai pu bâtir un monde dans lequel je peux réellement fonctionner, à mon rythme, avec mes cycles. Parce qu’il y a des journées où tout coule, et d’autres où ça ne marche pas. Accueillir ces cycles avec auto-compassion change tout.
La question à emporter
Ton énergie n’a pas à être disponible pour tout le monde et pour tout, en même temps. Elle mérite d’être dirigée vers ce qui te nourrit et t’élève.
Alors je te laisse avec ceci : et si tu n’étais pas en train d’échouer? Et si ce n’était pas un échec, mais simplement toi, enfin, en train de t’écouter?
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Pendant longtemps, je me suis crue paresseuse. Ou du moins, c'est ce que je me suis répété chaque fois que je n'arrivais pas à fonctionner normalement, comme tout le monde. Quand je mettais plusieurs jours à répondre à un courriel. Quand je remettais à plus tard ce que je savais qu'il fallait que je fasse, que c'était urgent, mais que j'étais paralysée. Quand je n'arrivais pas à me lever, même après une nuit de sommeil réparateur.
La vérité, ce n'est pas que j'étais paresseuse. C'est que j'étais fatiguée de devoir toujours m'adapter, fatiguée de devoir performer une version acceptable de moi-même par les autres, fatiguée d'avoir à surveiller mes mots, mes gestes, mes silences, fatiguée de tout filtrer : ma lumière, mes besoins, mes réactions.
Ce mot-là, « paresse », c'est un mot qui pèse lourd, surtout quand on est une personne neurodivergente. Parfois on va nous le balancer à voix haute, mais plus souvent qu'autrement, c'est subtil. Ça peut être le soupir d'un proche, le regard d'un ou d'une collègue, ou la pression silencieuse dans notre propre tête. On est souvent notre pire ennemie. Ce qu'on appelle manque de motivation, pour les personnes neurodivergentes, c'est souvent une surcharge cognitive, une fatigue sensorielle qui témoigne d'un système nerveux rendu à bout de souffle, qui a essayé de s'adapter, de se suradapter, et qui n'est plus capable de suivre.
Ce n'est pas vrai qu'on ne veut rien faire. C'est que le chemin entre l'intention et l'action est parsemé d'obstacles parfois invisibles. Parfois il y a trop d'étapes, tout s'embrouille. Ou il y a trop de variables, trop de bruit intérieur et extérieur, le bruit de notre mental qui tourne en rond. Parfois il y a trop de pression aussi, cette pression à vouloir être parfaite, à montrer que tout va bien, à être efficace et constante. Et pourtant, on a beau essayer encore et encore, ça marche jusqu'au moment où il n'y a plus de jus. C'est comme essayer de presser une bouteille de ketchup quand il n'y en a plus : il n'y a rien qui sort.
C'est dans ces moments-là, quand on est drainée, que beaucoup d'entre nous vont se flageller intérieurement. On n'est pas toujours gentilles avec nous, on devient notre pire ennemie, alors que notre corps, lui, tout ce qu'il crie, c'est : j'ai besoin de sécurité, j'ai besoin de respect, j'ai besoin de repos.
Donc je t'invite aujourd'hui à changer de lunettes. Au lieu de se juger par rapport à une grille d'évaluation qui n'a jamais été faite pour nous, et si on commençait à regarder cet état — ce que certains appellent l'inertie neurodivergente — autrement? Cette immobilité, quand tu sais dans ta tête qu'il faut que tu ailles mettre la brassée de linge dans la sécheuse, mais que tu restes sur le sofa. Ce n'est pas que tu n'es pas intelligente, ce n'est pas que tu ne comprends pas. C'est qu'entre l'intention et l'action, quelque chose bloque. Au lieu de regarder ça comme de la paresse, si on apprenait à dire : c'est une forme de sagesse adaptative de ton corps, qui dit « écoute, je ne peux plus, j'ai plus d'espace, je suis en surcharge ».
Le jour où j'ai compris ça, j'ai arrêté de me battre contre moi. Ça m'a permis de me donner du lousse, de l'espace pour observer. Au lieu d'être envahie par « je devrais aller faire ça », juste dire : en ce moment, ça ne marche pas, je ne suis pas capable de passer à l'action, mais je sais que je vais y aller tantôt. Et de me donner du temps pour me reposer et sentir quand je vais être capable de me mettre en action. Peut-être que ça va prendre des heures. Ça se peut.
Quand j'ai commencé à me donner plus d'espace, plus de bienveillance, comme si j'étais ma meilleure amie — parce qu'on devrait agir avec nous comme on agirait avec les gens qui nous sont chers — ça m'a permis de bâtir un monde dans lequel je peux réellement fonctionner à mon rythme, avec mes cycles. Il y a des journées où tout vole, tout fonctionne, et d'autres où ça ne marche pas. D'accueillir ces cycles-là avec beaucoup plus d'auto-compassion, au lieu de passer des heures à me taper sur la tête.
Ce que j'aimerais que tu retiennes aujourd'hui, ce n'est pas que tu es paresseuse. Tu es peut-être juste fatiguée de t'adapter à un système qui n'est pas fait pour toi, qui ne voit pas comment tu fonctionnes. C'est correct de ralentir. C'est même très sage. Est-ce que c'est facile? Pas nécessairement, et ça ne se fait pas du jour au lendemain — c'est un processus, surtout après tant d'années à courir, à masquer. Autre chose : ton énergie n'a pas à être disponible pour tout le monde et pour tout en même temps. Elle mérite d'être dirigée vers les choses qui te font sentir bien, qui te nourrissent, qui t'élèvent.
La question avec laquelle je te laisse : et si tu n'étais pas en train d'échouer? Et si ce n'était pas un échec, mais que tu étais juste en train de t'écouter, enfin, de prendre le temps d'écouter les signaux dans ton corps? Ça, c'est un travail qui se fait graduellement. J'aimerais t'entendre là-dessus : qu'est-ce qui a résonné le plus avec ce que je t'ai partagé aujourd'hui?
Et si on changeait de lunettes ensemble ?
Si ça résonne et que tu as envie d’en parler, ma porte est ouverte. Tu peux réserver un appel de connexion, tout doux, sans pression — juste pour déposer ce que tu vis et voir comment commencer à te soutenir.
Et si tu mesurais ce que ça te coûte ?
Tu peux reconnaître le mécanisme sans savoir à quel point il te vide. Le quiz prend 4 minutes et te donne ton profil, tes trois signaux précoces, et un plan pour les jours où tu n’as plus accès à ton cerveau.



